Votez couvert !

octobre 30th, 2008

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Avec le préservatif McCain, vous ne risquez (presque) plus rien…

Gerard Damiano en 15 films

octobre 29th, 2008

Gerard Damiano

1. The Story of Joanna   1975

2. Psychose et fantasmes sexuels de Miss Aggie   1974

3. The Devil in Miss Jones   1972

4. Waterpower   1975

5. Alpha Blue   1981

6. Fantasy   1979

7. Odyssex   1977

8. Let my puppets come   1976

9. Jeunes filles et jeans serrés   1989

10. The Devil in Mister Jones   1986

11. Wild dreams   1980

12. Les Jeux olympiques du sexe   1978

13. La Diva’nal italienne   1992

14. Just for the pleasure !   1991

15. Gorge profonde   1972

(2008)

Votez Obama !

octobre 27th, 2008

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Et plus si affinités (je n’ai pas encore trouvé de gode McCain)…

Monella (Tinto Brass, 1998)

octobre 26th, 2008

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“J’ai fait le montage d’India de Rossellini, à Paris, la nuit. Tandis que Roberto montait sa femme indienne, moi je montais son film. Et le matin, il était très content”. L’auteur de ces sémillantes confidences (Les Inrockuptibles, 30 mai 2000) n’est pas un cinéaste convenable. Giovanni Brass, dit “Tinto”, se plaît à filmer sous les jupes des dames (si possible entre les cuisses), glorifie le voyeurisme et la masturbation, s’égare dans des interviews homériques où il proclame se soucier uniquement de “faire bander les italiens” ; il dévoie les actrices “sérieuses” (Stefania Sandrelli dans La Clé, Ingrid Thulin dans Salon Kitty) pour leur offrir des turpitudes mouillées, convoque les nazis, Caligula, en toile de fond de ses fantasmes décadents, oubliant sans vergogne qu’il assista Joris Ivens et… Roberto. Bref, Tinto est un cochon, mais un cochon qui a du style… Il représente en outre un cas assez curieux de carrière en deux temps, avec une première période (12 titres, de 1964 à 1971) à la fois méconnue et variée dans ses formes et ses thèmes, puis une seconde (à partir de Salon Kitty, 1976) focalisée sur l’érotisme chaud, qui lui valut une notoriété encombrante vite suivie d’un purgatoire toujours d’actualité : alors qu’il réalise environ un film tous les deux ans, aucun n’a été projeté en France depuis 1985, au grand dam de ses fidèles, réduits à débusquer quelque précieuse vidéo dans des catalogues exotiques. Heureusement, M6 veille au grain (à l’ivraie ?), et de nombreux onanistes esthètes ont dû barricader leur porte au soir du dimanche 4 novembre 2001 pour la diffusion unique de Monella (1998) dont certaines photos (fort accortes) jadis reproduites dans la revue Flesh & Blood  nous avaient emplis d’émotion et de testostérone. Or, reconnaissons-le, cette découverte nocturne (23 h 30-0h 10, après un Culture Pub spécial “Philo”) fut à la mesure de notre rétention : simplement délectable. Malicieux divertimento pour fessier et fanfare (devinez qui dirige l’orchestre) illustrant un libretto composé de saynettes primesautières (Lola fait du vélo, Lola émoustille le clergé, Lola roule dans la farine, Lola danse le rock’n’roll, etc.) filmées allegro vivace (cadrages mutins et montage impétueux vous “dilatent la rétine bien mieux que la cocaïne”), l’opus 24 du Maestro, sous ses allures légères de fantaisie licencieuse, accumule avec une jubilation méthodique tout ce qui saura, peu ou prou, exaspérer les censeurs berlusconistes. Comme chez Russ Meyer, stylisation extrême des décors et stéréotypes outranciers (le boulanger et son mitron, les libertins intellos, la tenancière du claque, les commères, les troufions américains) participent d’un déboulonnage féroce de la trivialité normative, culminant en plusieurs séquences anthologiques au parfum gentiment surréaliste : le slalom de Lola entre les bouses de vache, l’”allumage” ingénu du voyeur forestier, la frénésie des curés à humer la selle de vélo (un sommet !), le mariage final de notre petite coquine où l’ensemble des personnages fraternise dans une allégresse amorale – il ne manque guère que la Gradisca et son carabinier… Non, les distributeurs anglais ne s’y sont pas trompés, rebaptisant Monella (”polissonne” en italien) Frivolous Lola ; le cinéma de Tinto Brass, fier, goguenard, affranchi, revendique son libre droit à la bagatelle, fatalement donc à l’essentialité. Et ceci dans le plus pur esprit sans-culotte.

(2001)

Gregory Dark

octobre 26th, 2008

Sex Freaks

Au début de l’incontournable Sex Freaks (1996), un magicien sort de sa voiture avec une mallette contenant deux espèces de poupées Barbie et un Ken (vraisemblablement la version diffusée en Haïti) qui lui servent à zombifier une blonde, une black, un clown, et à les faire pénétrer dans le “Dark World”, seul refuge face à l’absurdité du monde réel plongé dans le chaos d’une apocalypse imminente. Comme on peut s’en douter, le lieu en question est un lupanar frénétique aux allures de pandémonium obscène où notre malheureux trio va commencer par copuler devant une assemblée d’élus aux dégaines infernales. S’ensuivent (nous faisons une sélection) l’accouplement d’Artgirl, intello nihiliste, avec deux cafards géants, la performance conceptuelle (si, si) de Lucy, féministe post-moderne spécialisée dans la consommation avide de diablotins, ou le gang-bang de Sweetmeat, créature russmeyerienne s’envoyant une armée de squelettes. Nous apprenons en parallèle que le magicien initial doit ses pouvoirs à une entité virtuelle nommée Lips dont la matérialité se résume à d’énormes lèvres pulpeuses enfermées dans un moniteur-télé et la mission à inculquer par l’exemple les rudiments d’une citoyenneté responsable aux freaks qui ingèrent son programme purificateur… Fichtre ! Le délire fumeux de Gregory Dark est tellement ahurissant et son humour caustique si délicat à interpréter qu’il s’affirme, malgré la concurrence (Ninn, Zen, D’Amato, etc.), comme l’auteur porno le plus singulier de notre fin de siècle. D’autant qu’a priori aucune outrance ne le rebute : Between the cheeks 3 (1983) nous conte l’histoire d’un anus qui parle, plutôt bien d’ailleurs, puisqu’il éructe des aphorismes meurtriers du style : “Le sens de la vie et le trou du cul de la femme sont une seule et même chose parce que là se trouve l’âme de la femme et aussi celle de la nature toute entière”. Le héros du film en sera à ce point bouleversé qu’il entamera, enturbanné comme un gourou, un cycle de conférences pour transmettre la pensée profonde de l’orifice ratiocineur : “Et c’est ainsi, mes chers auditeurs, que j’en suis arrivé à connaître tout sur la nature de l’Univers”, conclut-il son exposé devant un parterre d’adeptes convertis à l’adoration scatophile… On le devine, dans l’Au-Delà du (bon) mauvais goût, Gregory Dark rejoint sans peine John Waters ou les frères Farrelly.  Il nourrit en outre son style azimuté à la manne d’une constante audace formelle (fini le cinéma ; vivent les bidouillages vidéo, ce qui contribue au cachet indéniablement moderne de ses productions) relayant des thématiques très actuelles (manipulations mentales et physiques, pouvoir des médias, philosophies new age, totalitarismes ubuesques) que lamine une cinglante ironie parodique. Même ses films en apparence les plus anodins (Flesh, Blue Dahlia) ne résistent pas à un traitement ravageur des stéréotypes. Exemple parfait, Vanessa, captive du vice (1986), censé nous narrer la biographie de Vanessa del Rio, dont les étapes successives, loufoques et politiquement très incorrectes, développent de savoureux sketches provocateurs : née en Russie (dans une petite ville nommée Small Town !), la starlette fuit le régime communiste, échoue à Paris où elle s’initie aux partouzes, gagne le Paraguay l’espace d’un premier film (On ne parle pas la bouche pleine), transite par l’Alaska et y rencontre l’amour en la “personne” d’un danois (pas un habitant du Danemark, mais un chien qui finira écrasé par un train), se réfugie aux Etats-Unis comme représentante en vibromasseurs, pour finalement être rapatriée et incarcérée à Small Town où elle fera le bonheur des prisonniers politiques… On conseille notamment les interviews décalées des divers autochtones ayant croisé sa route, recueillies avec un sérieux imperturbable digne du Woody Allen de Prends l’oseille et tire-toi. Cette vision détonante (et foncièrement cruelle) de l’absurdité ambiante trouve sa traduction ultime dans la fameuse trilogie des New Wave Hookers (2, 3 et 4) que le filtre du fantastique distancié permet de radicaliser, à l’unisson d’un traitement visuel de plus en plus éclaté : la cité d’Atlantis sert de repaire à une étrange secte d’amazones-magiciennes occupées à asservir les hommes par le sexe (n° 2), une organisation clandestine de prostituées conditionnées (grâce à une méthode “scientifique” de stimulation par le rock !) poursuit le même dessein ravageur (n° 3), un nain philosophe nous guide à travers les multiples représentations de la féminité afin de nous initier à la compréhension du Monde (n° 4) ; scénarios répétitifs prétextes à un abandon quasi intégral de la continuité narrative au profit d’une fantaisie kaléidoscopique s’épanouissant par associations d’idées et représentations stéréotypées perverties. Evolution notable d’un style confirmée par les œuvres plus récentes : le diptyque Psycho Sexuel 1 & 2 et surtout Devil in Miss Jones 5, affranchi de toute préoccupation linéaire et frisant l’abstraction… Quelques efforts supplémentaires - Gregory Dark pourra bientôt proposer ses vidéos aux musées d’art contemporain.

(1999)

Marilyn Jess

octobre 22nd, 2008

Initiation d’une jeune marquise

Issue du peep-show (où elle est d’ailleurs retournée un moment en 1989), Marilyn Jess (originellement Dominique Troyes) alliait une plastique généreuse à un visage enfantin, ce qui explique l’émotion que suscita la moindre de ses apparitions, au fil d’une carrière riche en performances chavirantes (environ 80 sur 15 ans) placée sous l’ombre tutélaire de Meussieu Marc Dorcel. La réédition en DVD de ses plus palpitantes prestations témoigne de l’empreinte indélébile qu’elle a laissée dans le coeur (oui, le coeur !) des pornophiles sentimentaux. On l’aime fondue dans la masse des partouzeurs suicidaires de Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard (Frédéric Lansac, 1975), un simple bandana coloré autour des cheveux (Vacances à Ibiza, Gérard Kikoïne, 1981), déguisée en soubrette lascive (Initiation d’une jeune marquise, Pierre B. Reinhart, 1988, qui, dans sa version non expurgée, contient la démonstration d’une “machine à enculer” digne du Catalogue des objets introuvables de Jacques Carelman), conjuguée à Olinka (Le Retour de Marilyn, Michel Leblanc, 1985) ou à Traci Lords (Traci, je t’aime, Jean-Pierre Floran, 1986), initiée aux délices de l’amour par Brigitte Lahaie et notre Alban Ceray national (Les petites écolières, Lansac, 1980), dissimulée sous un masque de plumes (Dans la chaleur de Saint-Tropez, KikoIne, 1982) ou des lunettes noires pour nuits très très blanches (Ballets roses, Kikoïne, 1981), livrée au cérémonial raffiné des exhibitions SM (Lola, Kikoïne, 1981) ; tous les réalisateurs ont joué sur son physique plantureux, sa présence à la fois détachée, mystérieuse (Lansac, Kikoïne) et proche (dans Initiation, elle suspend le cours de l’intrigue pour s’adresser ingénument au spectateur). On l’adore surtout en Femme Objet (Lansac, 1980) - dans le rôle muet de Kim, créature sans coutures modelée par un écrivain de science-fiction émule de Frankenstein, elle traduisait très subtilement (fait inhabituel chez les stars du X) l’évolution dialectique des sentiments de son personnage-robot. Il faut la voir et la revoir, vibrante et délicate, glisser de la soumission à la révolte, de l’automatisme à l’autonomie, en ce qui demeure l’un des meilleurs pornos français de tous les temps (nous renvoyons à l’excellente analyse d’Alain Minard, in La Saison cinématographique 81, pp. 142-143).

(1999)

Pour une pornothèque idéale

octobre 22nd, 2008

Story of Joanna

1. The Story of Joanna (Gerard Damiano)

2. Psychose et fantasmes sexuels de Miss Aggie (Gerard Damiano)

3. The Devil in Miss Jones (Gerard Damiano)

4. The Opening of Misty Beethoven (Henry Paris)

5. The private afternoons of Pamela Mann (Henry Paris)

6. Cafe Flesh (Rinse Dream)

7. Le Miroir de Pandora (Warren Evans)

8. Derrière la porte verte (Mitchell Brothers)

9. La Femme Objet (Frédéric Lansac)

10. Initiation d’une jeune marquise (Pierre B. Reinhart)

11. Sex Freaks (Gregory Dark)

12. Body Shock (Michael Ninn)

13. Herstory of Porn : Reel to real (Annie Sprinkle)

14. Rêves de cuir (Francis Leroi)

15. Dracula (Mario Salieri)

(2008)

Traci Lords

octobre 21st, 2008

Traci Lords

1986 : des ancêtres de Mulder et Scully débarquent chez l’héroïne des New Wave Hookers et de Beverly Hills Copulator, sur dénonciation de l’un de ses proches. Le FBI met ainsi fin à la carrière X de la rebelle Christy Lee Nussman, alias Nora Louise Kosma, alias Traci Lords qui, depuis 1983, a aligné quelques 150 pornos défiant le Code Pénal, en mentant sur son âge et en falsifiant ses papiers d’identité. Scandale sans précédent qui permet au magazine Penthouse (dont elle avait été la playmate d’octobre 1984) de titrer, avec l’humour gracieux qu’on lui connait : “A 18 ans, elle tourne son DERNIER porno”… Ne se démontant pas et oubliant de renier son passé de hardeuse (“Je me refuse à jouer les victimes, car je ne l’ai jamais été”), Traci rebondit ches John Waters (Cry Baby, 1990), et Brett Leonard (Programmé pour tuer, 1995), manque d’être embauchée par Scorsese pour Casino, puis échoue dans les mirettes des ados consommateurs de téléfilms et de sitcoms, via, notamment, deux séries cultes, Melrose Place et Roseanne. On peut en penser ce qu’on veut (ou, d’ailleurs, ne rien penser du tout), mais ce parcours opiniâtre exempt de pathos moraliste et de rédemption forcée (deux spécialités américaines) force le respect, tranchant agréablement sur celui, au hasard, de Linda Lovelace qui, après les chiens et la fellation abyssale, découvrit miraculeusement Jésus et l’intégrisme revanchard.

(1999)




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